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Maroc–Comores : gagner l’ouverture, puis apprendre à respirer et battre le Mali

Tanwer.ma-EL HANBALI Aziz  

On rêve toujours d’une entrée en matière parfaite : un but rapide, un match plié, une équipe qui déroule, un stade en fusion et, au bout, la sensation que “cette CAN est la nôtre”. La réalité, elle, a souvent le goût d’un premier acte nerveux, d’un penalty manqué, d’une pluie qui épaissit l’air, et d’une pression qui se lit sur chaque première touche. C’est exactement ce que j’ai ressenti devant Maroc–Comores, match d’ouverture de la CAN 2025, finalement remporté 2-0 par les Lions de l’Atlas

Un match d’ouverture n’est jamais “un match normal”

Le match a commencé comme commencent les grandes soirées… quand elles sont lourdes à porter  un Maroc dominateur dans l’intention, mais parfois trop sage dans la zone de vérité, face à des Comores disciplinées, compactes, et incroyablement à l’aise dans ce rôle de “trouble-fête”

Et puis il y a eu ce moment révélateur : le penalty obtenu par Brahim Diaz, stoppé après la tentative de Soufiane Rahimi et la parade de Yannick Pandor 
À cet instant, j’ai compris que ce match ne serait pas un récit simple. Parce qu’un penalty raté en ouverture, chez soi, ce n’est pas seulement une occasion manquée : c’est une question posée à tout un collectif. “Est-ce que vous tenez vos nerfs ? Est-ce que vous tenez votre promesse ?”

Ajoutez à cela la sortie sur blessure de Romain Saïs très tôt dans la rencontre, et l’on se retrouve avec un cocktail qui peut faire vaciller n’importe quelle équipe, même favorite
Même l’absence d’Achraf Hakimi rappelait une vérité : dans une CAN, l’histoire ne se déroule jamais exactement comme sur le papier.

La délivrance a un nom : patience… puis talent

Ce qui m’a plu, c’est que le Maroc n’a pas paniqué. Il y a eu, oui, des séquences de possession un peu stériles, des centres forcés, des mouvements moins tranchants que d’habitude. Mais il y a eu aussi cette forme de maturité : continuer à pousser sans se désunir

Et quand la porte s’est enfin entrouverte, le talent a parlé. Le but de Brahim Diaz (au cœur de l’action depuis le début) a eu l’effet d’un exutoire collectif
Puis est arrivé ce deuxième moment, presque cinématographique : le ciseau d’Ayoub El Kaabi, entré en jeu et capable, en une inspiration, de transformer une soirée tendue en souvenir heureux 
Ce but-là, au-delà de sa beauté, a dit quelque chose d’important : dans un tournoi, la profondeur de banc et la capacité à “tuer” un match comptent autant que la domination

Le public : entre ferveur et exigence

On a annoncé plus de 60 000 spectateurs au stade de Rabat pour cette ouverture 
Et pourtant, comme souvent lors des grands événements, on a aussi aperçu des sièges restés vides, entre la météo, la logistique, et les aléas de billetterie 
Mais l’essentiel est ailleurs : ce public-là ne vient pas seulement “voir”, il vient demander des comptes à une génération qu’il estime capable d’aller au bout. C’est une chance immense — et un piège permanent

Je crois qu’il faut se le dire franchement : l’exigence marocaine est devenue une exigence de grande nation de football. Nous ne célébrons plus une simple qualification ou une victoire “logique”. Nous voulons un jeu, une personnalité, une autorité. Cette CAN à domicile n’est pas un décor : c’est un contrat moral

Ce que je retiens… et ce que j’attends

Je retiens trois choses

D’abord, la victoire. Elle a l’air banale, mais elle est vitale : un pays hôte qui trébuche dès l’ouverture se complique tout 
Ensuite, les signaux d’alerte : l’efficacité, les phases arrêtées, la gestion émotionnelle, et l’infirmerie (Saïss) — ce sont des sujets qui peuvent coûter très cher à partir des quarts 
Enfin, la leçon d’humilité : les Comores ont rappelé que le football africain n’offre aucun match gratuit, et que la hiérarchie ne gagne pas à elle seule 

Pour la suite, je n’attends pas que le Maroc “écrase” tout le monde. J’attends mieux : qu’il maîtrise. Qu’il sache accélérer quand il le faut, souffrir quand c’est nécessaire, et fermer les matchs sans se faire peur. Qu’il accepte la pression, non comme un poids, mais comme une énergie

Cette CAN 2025 commence donc comme commencent parfois les grandes histoires : pas par un feu d’artifice, mais par une victoire qui oblige à grandir. Et au fond, c’est peut-être la meilleure   nouvelle : nous avons gagné… et nous avons appris et nous devons battre le Mali

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